Comment modifier les dns sur linux mint et ubuntu facilement

Modifier DNS sur Linux Mint et Ubuntu permet d’améliorer la résolution DNS, de contourner certaines défaillances de serveur et de reprendre le contrôle de la connectivité sans installer d’outil supplémentaire. Selon l’édition utilisée, la méthode varie : Ubuntu s’appuie fréquemment sur Netplan et systemd-resolved, tandis que Linux Mint privilégie généralement NetworkManager et ses paramètres réseau graphiques. Cette différence explique pourquoi une modification directe du fichier resolv.conf peut parfois sembler fonctionner avant d’être automatiquement écrasée au redémarrage.

Pour changer DNS Linux proprement, il faut donc identifier le gestionnaire actif, sauvegarder la configuration existante, choisir des serveurs adaptés et vérifier le résultat avec des commandes de diagnostic. Cloudflare, Quad9, Google Public DNS ou les serveurs de votre fournisseur d’accès ne répondent pas tous aux mêmes priorités en matière de rapidité, de filtrage et de confidentialité. Le terminal Linux offre un contrôle précis, mais l’interface graphique reste parfaitement pertinente sur un ordinateur de bureau.

Pourquoi modifier DNS sur Linux Mint et Ubuntu améliore la connexion

Le DNS, ou Domain Name System, traduit un nom lisible comme www.exemple.fr en adresse IP exploitable par la machine. Lorsqu’un navigateur ouvre une page, il ne transmet pas directement la requête au nom de domaine : il doit d’abord obtenir l’adresse du serveur distant. Cette résolution DNS intervient aussi pour les plateformes de jeu, les dépôts logiciels, les services de visioconférence et les serveurs d’authentification.

Sur une installation standard, Linux récupère automatiquement les adresses fournies par le routeur ou le fournisseur d’accès à Internet. Cette automatisation convient à la majorité des utilisateurs, mais elle peut devenir problématique lorsque le relais DNS est lent, indisponible ou soumis à un filtrage particulier. Un site qui refuse de s’ouvrir alors que son adresse IP répond peut ainsi révéler un problème de résolution plutôt qu’une panne de connexion.

Choisir un serveur DNS adapté à son usage

Cloudflare propose notamment 1.1.1.1 et 1.0.0.1, souvent choisis pour leur rapidité et leur politique orientée vers la confidentialité. Quad9 utilise 9.9.9.9 et ajoute une dimension de protection contre de nombreux domaines associés aux logiciels malveillants. Google Public DNS, accessible avec 8.8.8.8 et 8.8.4.4, constitue une solution très répandue et généralement stable.

Le serveur le plus rapide dépend toutefois de la localisation géographique, du routage de l’opérateur et de la charge du réseau. Pour un poste familial, un résolveur filtrant peut réduire l’exposition à certains domaines dangereux. Pour une machine de développement, il est préférable de vérifier que les noms internes, les domaines d’entreprise et les zones privées continuent à fonctionner correctement.

DNS, confidentialité et jeux en ligne

Changer de résolveur ne rend pas anonyme sur Internet. Le serveur DNS choisi peut néanmoins observer les domaines demandés et appliquer ses propres règles de conservation des journaux. Il faut donc consulter sa documentation avant de privilégier une solution présentée comme plus respectueuse de la vie privée.

Dans le jeu vidéo, une résolution rapide accélère l’accès aux services d’authentification et aux plateformes de distribution, mais elle ne diminue pas automatiquement le ping pendant une partie. La latence entre le joueur et le serveur de jeu dépend principalement du routage et de la distance. Le bénéfice se situe surtout au moment de trouver le service, de récupérer ses mises à jour ou de contacter les serveurs auxiliaires.

Le bon résolveur n’est donc pas celui qui promet les performances les plus spectaculaires, mais celui qui combine disponibilité, cohérence et comportement adapté à votre environnement réseau.

Lire plus  L'équipe esport française : un modèle de succès à suivre ?

Modifier DNS sur Ubuntu avec Netplan et le terminal Linux

Sur les versions récentes d’Ubuntu, Netplan sert de couche de configuration réseau. Il génère ensuite la configuration utilisée par NetworkManager ou systemd-networkd selon le profil de la machine. Cette architecture remplace les anciennes pratiques consistant à éditer directement plusieurs scripts réseau, tout en conservant une syntaxe YAML relativement lisible.

Avant toute intervention, ouvrez un terminal Linux et inspectez les fichiers présents dans /etc/netplan. La commande ls /etc/netplan permet de repérer un fichier comme 00-installer-config.yaml ou 50-cloud-init.yaml. Le nom change selon l’installation, notamment entre une version de bureau, une image serveur ou une machine créée dans un environnement virtualisé.

Sauvegarder puis éditer le fichier YAML

Une sauvegarde évite de perdre une configuration fonctionnelle. Avec une commande telle que sudo cp /etc/netplan/00-installer-config.yaml /etc/netplan/00-installer-config.yaml.bak, vous disposez d’un retour arrière simple. Remplacez le nom par celui réellement affiché sur votre système.

Ouvrez ensuite le document avec nano, par exemple avec sudo nano /etc/netplan/00-installer-config.yaml. L’indentation YAML doit être réalisée avec des espaces, jamais avec des tabulations. Une structure typique peut associer l’interface réseau, l’activation de DHCP et les serveurs de noms :

network:
version: 2
ethernets:
enp3s0:
dhcp4: true
nameservers:
addresses: [1.1.1.1, 1.0.0.1]

L’identifiant enp3s0 n’est qu’un exemple. Sur votre ordinateur, il peut s’appeler eno1, ens18 ou autrement. Utilisez ip link pour connaître le nom exact de l’interface. Si vous ajoutez nameservers au mauvais niveau hiérarchique, Netplan refusera le fichier ou n’appliquera pas les valeurs attendues.

Appliquer la configuration sans perdre l’accès distant

Sur une machine locale, sudo netplan apply recharge immédiatement la configuration. Sur un serveur administré en SSH, la commande sudo netplan try est plus prudente : elle applique temporairement les changements et prévoit un retour automatique si vous ne confirmez pas. Cette précaution est essentielle lorsque la modification concerne aussi l’adresse IP, la passerelle ou le VLAN.

Après l’application, vérifiez l’état avec resolvectl status. La commande affiche les interfaces, le domaine de recherche et les adresses DNS retenues. Un test avec resolvectl query ubuntu.com permet de contrôler la résolution, tandis que ping -c 4 ubuntu.com vérifie qu’un nom peut être traduit puis joint.

Netplan est particulièrement utile sur Ubuntu Server, car il permet de travailler sans interface graphique et de reproduire une configuration dans plusieurs machines. Une indentation rigoureuse et une sauvegarde systématique transforment toutefois une opération potentiellement risquée en procédure maîtrisée.

Changer DNS Linux Mint depuis NetworkManager et les paramètres réseau

Linux Mint propose une approche plus accessible sur les postes de travail grâce à NetworkManager. Le service gère les interfaces filaires, le Wi-Fi, les VPN et les profils de connexion. Comme les paramètres sont associés à une connexion précise, vous pouvez employer un DNS différent à la maison, au bureau ou sur un réseau public sans réécrire manuellement les fichiers système.

Pour modifier DNS avec l’interface graphique, ouvrez l’icône réseau dans la barre du bureau, puis accédez aux paramètres réseau. Sélectionnez la connexion active, qu’il s’agisse d’un câble Ethernet ou d’un réseau sans fil, et ouvrez ses propriétés. Dans la rubrique IPv4, repérez le champ consacré aux serveurs DNS.

Désactiver l’attribution automatique des serveurs

Lorsque le mode automatique est actif, le routeur transmet ses propres adresses par DHCP. Pour imposer vos valeurs, choisissez la méthode automatique avec adresses uniquement, ou désactivez l’option DNS automatique selon la version de l’environnement Cinnamon, MATE ou Xfce. Saisissez ensuite les adresses séparées par des virgules, par exemple 1.1.1.1, 1.0.0.1.

Lire plus  Sauvegarde immuable : assurer la protection durable de vos données sensibles

Cette nuance est importante : il ne faut pas nécessairement désactiver tout DHCP. Vous pouvez conserver l’attribution automatique de l’adresse IP tout en remplaçant uniquement les serveurs de noms. Cette méthode évite de perdre la passerelle, le masque réseau ou les routes fournies par le routeur.

Validez avec le bouton d’application, désactivez puis réactivez la connexion. NetworkManager régénère alors la résolution locale. La commande nmcli connection show permet d’afficher les profils enregistrés, et nmcli device status indique quelle interface est réellement active.

Effectuer la même opération en ligne de commande

Les utilisateurs qui préfèrent le terminal peuvent employer nmcli. Après avoir identifié le nom du profil, une commande comme nmcli connection modify « Connexion filaire 1 » ipv4.ignore-auto-dns yes ipv4.dns « 9.9.9.9 149.112.112.112 » indique à NetworkManager d’ignorer les DNS transmis automatiquement et d’utiliser Quad9. Le profil doit ensuite être réactivé avec nmcli connection down « Connexion filaire 1 », puis nmcli connection up « Connexion filaire 1 ».

Le nom du profil varie selon l’installation. Il est donc préférable de copier exactement la valeur affichée par nmcli plutôt que de supposer qu’elle s’appelle Connexion filaire 1. Dans un environnement professionnel, cette approche est scriptable et facilite le déploiement de réglages homogènes sur plusieurs postes.

Cette méthode montre pourquoi NetworkManager reste central sur Linux Mint : il relie les choix graphiques et les commandes d’administration à un même profil réseau persistant.

Fichier resolv.conf, systemd-resolved et vérification de la résolution DNS

Le fichier resolv.conf est souvent le premier élément consulté lorsqu’un utilisateur cherche à modifier les serveurs DNS sous Linux. Pourtant, sur Ubuntu et Linux Mint modernes, il peut s’agir d’un lien symbolique vers un fichier généré automatiquement. Une modification directe avec sudo nano /etc/resolv.conf peut alors être remplacée par systemd-resolved, NetworkManager ou le client DHCP.

Avant de l’éditer, utilisez ls -l /etc/resolv.conf. Si la sortie révèle un lien vers un chemin situé dans /run, cela signifie que le contenu est dynamique. Vous pouvez afficher le contenu avec cat /etc/resolv.conf, mais l’adresse visible, souvent 127.0.0.53 sur Ubuntu, correspond parfois à un résolveur local et non au serveur public final.

Comprendre le rôle de 127.0.0.53

systemd-resolved peut fonctionner comme un stub local. Les applications interrogent 127.0.0.53, puis le service transmet les requêtes aux DNS configurés pour l’interface. Voir cette adresse ne signifie donc pas que Cloudflare ou Quad9 est absent : il faut consulter resolvectl status pour connaître les serveurs amont réellement utilisés.

Cette architecture apporte notamment une gestion indépendante par interface. Un tunnel VPN peut recevoir ses propres domaines et serveurs, tandis que la connexion Wi-Fi conserve une configuration différente. Le comportement devient plus complexe, mais il évite qu’une simple modification globale perturbe les zones internes d’une entreprise.

Diagnostiquer une panne de résolution

Commencez par comparer un nom de domaine et une adresse IP. Si ping -c 4 1.1.1.1 fonctionne mais que ping -c 4 example.com échoue, la liaison réseau est probablement active et le problème se situe dans la résolution DNS. Cette distinction évite de modifier inutilement la passerelle ou les pilotes Wi-Fi.

La commande resolvectl query example.com fournit une réponse plus informative qu’un simple ping. Elle affiche le serveur interrogé, le temps de réponse et parfois les informations DNSSEC. Pour une analyse approfondie, dig example.com permet d’observer le type d’enregistrement, le temps de vie du cache et la réponse autoritative. L’outil peut être installé avec le paquet dnsutils si nécessaire.

Lire plus  Comprendre l'inaccessibilité des sites internet et ses enjeux

Après une modification, le cache peut conserver une ancienne réponse. Dans ce cas, sudo resolvectl flush-caches vide le cache de systemd-resolved. NetworkManager peut également nécessiter une reconnexion. Redémarrer toute la machine n’est pas toujours nécessaire, même si cette solution peut réinitialiser les services dans un contexte domestique.

Le fichier resolv.conf reste donc un excellent indicateur de diagnostic, mais rarement le meilleur point de configuration permanente. La règle fiable consiste à modifier le gestionnaire qui génère ce fichier, puis à contrôler le chemin complet de la requête.

Résoudre les erreurs DNS sur Ubuntu et Linux Mint sans casser le réseau

Une configuration DNS incorrecte se manifeste par des messages comme « serveur introuvable », des dépôts APT inaccessibles ou des jeux qui restent bloqués lors de l’authentification. Le premier réflexe consiste à déterminer si la panne concerne tous les domaines ou seulement certains services. Une erreur limitée à un domaine peut provenir de son hébergement, d’un filtrage ou d’un enregistrement expiré.

Un scénario fréquent concerne un ordinateur portable utilisé dans plusieurs lieux. Le profil Wi-Fi de la maison peut accepter un DNS manuel, alors que le réseau d’une entreprise attend un résolveur interne capable de traduire des noms comme intranet.local. Dans ce contexte, une configuration globale avec Cloudflare risque de rendre certains services invisibles. NetworkManager permet de conserver des profils distincts et de limiter la portée du changement.

Éviter les conflits entre outils réseau

Il ne faut pas modifier simultanément Netplan, NetworkManager, systemd-resolved et le fichier resolv.conf sans comprendre leur relation. Deux gestionnaires peuvent se remplacer mutuellement, tandis qu’un script de démarrage peut réécrire les valeurs après chaque redémarrage. Sur Ubuntu Desktop, Netplan délègue souvent à NetworkManager ; sur Ubuntu Server, systemd-networkd est plus fréquent.

Pour identifier le service actif, consultez systemctl is-active NetworkManager et systemctl is-active systemd-resolved. La commande resolvectl status indique ensuite si systemd-resolved reçoit bien les paramètres. Cette méthode est plus fiable que de déduire le fonctionnement du système à partir d’une seule ligne dans resolv.conf.

Tester la stabilité et la sécurité

Un DNS rapide ne doit pas seulement répondre au premier essai. Lancez plusieurs requêtes avec resolvectl query et observez les temps de réponse. Pour comparer deux fournisseurs, alternez les profils ou utilisez dig en précisant le serveur, par exemple dig @1.1.1.1 example.com. Cette mesure locale est plus pertinente qu’un classement général publié en ligne, car le résultat dépend du fournisseur d’accès et de la région.

Dans un contexte de sécurité, Quad9 peut être intéressant pour bloquer certains domaines malveillants, tandis qu’un résolveur non filtrant convient à un laboratoire de développement qui doit tester des environnements volontairement dangereux. Aucun DNS public ne remplace un navigateur à jour, un pare-feu, des mises à jour régulières et une politique de sauvegarde.

Si la modification empêche toute résolution, restaurez la sauvegarde Netplan, réactivez l’attribution automatique dans NetworkManager ou remettez le profil précédent. Évitez de supprimer brutalement des fichiers générés dans /run. Une configuration DNS réversible, documentée et vérifiée vaut mieux qu’un réglage théoriquement performant mais impossible à maintenir.

La meilleure pratique reste simple : choisir le gestionnaire responsable, effectuer une modification ciblée, tester le chemin de résolution et conserver un retour arrière opérationnel.

Pomme de tech

© 2023 Pomme de tech